Interview avec Thijs et Hannes Obreno
Thijs et Hannes ObrenoIl arrive parfois de retrouver plus qu’un athlète de haut niveau dans une famille. Le meilleur exemple en Belgique étant la famille Borlée en athlétisme. En aviron, c’est également le cas chez la famille Obreno : Thijs (21 ans) est depuis quelques années une valeur sure de l’équipe nationale, tandis que son frère, Hannes (17 ans) est le coming man de l’aviron. En ce début d’année 2009, nous leurs avons posé quelques questions.
AB : Comment êtes-vous entrés en contact avec l’aviron ?
Thijs : Via un ami qui ramait déjà et qui m’avait convaincu de venir jeter un coup d’oeil à la journée des sports d’eau, en 1995. Je jouais alors au football et je l’ai combiné à l’aviron pendant un moment, avant de définitivement opter pour l’aviron. Depuis je ne me suis jamais plaint une seule seconde de ce choix.
Hannes : Quand Thijs a commencé à ramer, j’étais trop jeune pour m’y mettre mais j’allais dans le bateau à moteur avec l'entraîneur pour suivre les rameurs. Une fois que j’ai eu mon brevet de 100m, j’ai pu alors essayer quelques fois et ça a encore plutôt bien été.
AB : Comment voyez-vous la prochaine saison ?
Thijs et Hannes ObrenoThijs : En rien vraiment différente des autres années. Seneffe sera la première compétition importante de la saison et j’espère y réaliser un beau résultat. Ensuite sera au tour du triptyque des régates de la GRS, Championnats de Belgique, et régates du Sport Gand. Ce serait génial de prolonger notre titre en double poids léger d’un an, et pourquoi pas mettre fin à la belle série de 10 ans de Wouter Van der Fraenen en skiff léger, un des mes exemples. Au niveau international, on verra bien ce qui se passera, je resterai vraisemblablement encore chez les seniors B cette année.
Hannes : J’espère que je pourrai prolonger mes titres de Champion de Belgique et peut-être en ajouter un autre. Si tout se passe bien, je veux alors aller en skiff aux Championnats du Monde Juniors et essayer d’y livrer une solide prestation.
AB : Est-il difficile de combiner le sport de haut niveau et les études ?
Hannes : Pour le moment, ça va encore bien...
Thijs : Je n’ai jamais vraiment eu de problème pour combiner l’aviron avec mes études. Pendant les premières années à l’université, il a fallu trouver une bon équilibre mais ça va de mieux en mieux.
AB : Thijs, tu es déjà une valeur sure de l’équipe national et tu es depuis un petit temps de le 4-LM. Il y a beaucoup de poids légers belges. Est-ce cela procure une motivation supplémentaire à se surpasser pour assurer sa place ?
Thijs : Qu’il y ait plus ou moins de poids légers, je fais toujours de mon mieux, ou du moins j’essaie. Le nombre de poids légers ne me motive pas à m'entraîner plus dur. Si c’est évidemment plus facile de maintenir un groupe de rameurs à un haut niveau quand il y a beaucoup de rameurs pour un nombre place déterminé, quand tout le monde est déjà certain d’avoir déjà son siège, il existe un risque de relâchement.
AB : Est-ce que vous pensez déjà aux Jeux Olympiques 2012 ?
Thijs : Je trouverais ça agréable de ramer en 2012 sur le bassin ou je n’ai pas fait de moisson en 2005 mais où je m’étais bien amusé. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’athlètes qui ne voudraient pas participer au plus gros événement sportif de la planète. Il y a naturellement encore beaucoup de chemin à parcourir et il va falloir s'entraîner beaucoup plus dur encore.
Hannes : Parfois, je pense à ce que ça représenterait de ramer là-bas, mais je ne me focalise pas spécifiquement pour les Jeux Olympiques de 2012. Je réserve ça pour plus tard.
AB : Hannes, tu es encore poids léger, mais également junior, est-ce qu’on peut s’attendre à te voir bientôt dans le quatre sans barreur ?
Hannes : Je ne pense pas parce que j’ai trop peu d’expérience en pointe, et je préférerais aussi continuer à ramer en couple.
AB : Est-ce que le 8+LM belge est une option ?
Thijs : euh….
Hannes : Je voudrais bien ramer dans le huit, mais je pense que je ne suis pas la bonne personne parce que comme je l’ai déjà dit, j’ai trop peu d’expérience avec l’aviron de pointe, et il faudrait aussi résoudre les problèmes de savoir quand et où se donner rendez-vous pour s'entraîner, et si on veut rassembler huit personnes depuis toute la Belgique pour s'entraîner, ce problème va se poser.
Si le Bloso vous proposait un contrat, l’accepteriez-vous ?
Thijs ObrenoThijs : Si c’était pour combiner avec mes études, je ne dirais certainement pas non. Si jamais j’avais la chance d’en avoir un pour ramer à plein temps après mes études, je ne me poserait pas de questions trop longtemps. Je pense que c’est nécessaire si on veut atteindre le top absolu. Travailler et ramer vont rarement de paire. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour les personnes comme Wouter Van der Fraenen qui peuvent combiner le sport d’élite avec leur travail.
Hannes : Je saisirais aussi l’occasion, car ce serait génial de pouvoir faire de son hobby son métier. Tout le monde ne peut pas recevoir cette chance...
AB : A quoi ressemblent vos journées entre la Noël et le nouvel an ? Est-ce la fête ou l'entraînement ?
Hannes : Surtout du repos vu que je suis blessé, et j’espère donc pouvoir vite recommencer à m'entraîner car j’accuse pour le moment un retard vis-à-vis des autres rameurs.
Thijs : A coté des traditionnelles fêtes de famille à la Noël et au nouvel an, on n’a pas beaucoup fait la fête à la maison. Le 5 janvier, je commence mes examens et mes journées de vacances ont été principalement dédiés à l’étude. Evidemment, j’effectuais un entraînement journalier pour maintenir ma condition à un niveau acceptable.
AB : Hannes et Thijs, merci pour cette interview et bonne chance avec les entraînements.

