Interview avec Charlotte De Vogelaere et Floor Hessens

La Coupe de la Jeunesse, une compétition pour juniors regroupant 12 pays parfois simplement appelée Championnats d’Europe pour Juniors, est organisée cette année à Varèse, Italie. Floor Hessens et sa cadette d’un an Charlotte De Vogelaere, toutes deux rameurses du KRB y défendront les couleurs belges en 2xJW. Les deux brugeoises rament ensemble depuis qu’elles ont 14 ans et sont détentrices du titre de Championnes de Belgique en 2xJW. Qu’attendent-elles de leur première participation à la Coupe de la Jeunesse ? Comment sont-elles arrivées dans le milieu de l’aviron et comment voient-elles leur avenir dans ce sport ? Nous leur avons demandé tout cela dans cette nouvelle double interview.

AvironBelgique : Comment avez-vous atterri dans le milieu de l’aviron ?

Charlotte : Quand j’étais en 5ème primaire, je n’avais aucun hobby et un entraîneur du club, qui travaillait avec ma mère, me proposa de venir essayer l’aviron. Au début, je ne trouvais pas ça amusant du tout, ça le devint seulement lorsque je fus en deuxième année Junior D.

Floor : Mes deux frères ramaient aussi tous les deux, de là…

AB : Charlotte, tu n’es encore que junior B, mais déjà 3ème en skiff lors des derniers Championnats de Belgique chez les Juniors A. Est-ce que ça promet pour la suite ? Quelles sont tes ambitions ?

Charlotte : Je ne pose pas encore d’objectifs. Je veux m’améliorer un peu plus chaque année, et chaque année avoir le sentiment que je peux faire plus que l’année précédente.

AB : Floor, manifestement tu as l’aviron dans le sang, ton frère prit part en 2002 aux Championnats du Monde Juniors. Combien d’heures t’entraînes-tu lors d’une semaine normale ?

Floor : En temps normal, j’essaie de m’entraîner 5 à 6 fois par semaine. Ça dépend un peu du travail à faire pour l’école. La durée d’un entraînement dépend du type d’entraînement.

AB : Est-ce que c’est facile de combiner tout cela avec vos études ?

Charlotte : Actuellement ça réussit encore bien. Pour autant que j’aie de bons points, mes parents me laissent m’entraîner autant que je veux. L’école passe toujours en premier lieu, même si je dois pour ça manquer des entraînements.

Floor : Jusque maintenant, ça se déroule encore correctement pour moi. En ce qui me concerne, les études sont de toute façon beaucoup plus importantes que l’aviron, donc je n’éprouve pas de difficulté à laisser tomber un entraînement quand je dois travailler pour l’école. Mais les entraîneurs n’acceptent cette situation que plus difficilement.

AB : Vous ramez ensemble depuis déjà plusieurs années. Ça porte maintenant ses fruits. Est-ce que ça s’est emboîté dès le début entre vous ?

Charlotte : Au début, nous n’étions pas en contact tant que ça l'une avec l'autre, mais lorsque tous ceux de notre groupe devinrent Junior B et que nous fûmes les deux seules à rester, nous avons bien dû nous entendre. Quand nous avons pu de nouveau ramer ensemble, après un an de pause lors de laquelle j’étais encore junior C tandis que Floor était junior B, je pense que nous étions toutes les deux contentes de pouvoir à nouveau ramer ensemble dans un bateau après une année durant laquelle nous avions surtout ramé en skiff.

Floor : Je connais Charlotte depuis 6 ans maintenant et au début nous n’avions pas tant de contact. Je pense que ça a commencé à fonctionner quand nous avons dû ramer dans des courses « convenables ». C’est formidable que cela fonctionne aussi bien entre nous à l’intérieur qu’en dehors d’un bateau !

AB : Vous allez participer en juillet à la Coupe de la Jeunesse. Qu’ espérez-vous ?

Charlotte : Je n’ai aucune idée de ce à quoi je dois m’attendre. Nous ne connaissons pas les autres équipes. Je vais là-bas pour y faire de mon mieux.

Floor : Pour le moment je ne suis pas très occupée à penser à ça. Je suis déjà contente d’être à nouveau en équipe nationale, après mon hernie. Ce serait évidemment génial si nous pouvions décrocher une médaille, mais je serais déjà contente si nous pouvions réaliser un bon temps et montrer ce que nous valons.

AB : A la régate de Cologne, vous avez été l’équipe à battre aussi bien en 2x qu’en 4x, vous attendiez-vous à ça ?

Charlotte : En double, j’avais espéré que nous terminerions dans le tas. Quand le premier jour nous avons gagné notre série avec 20 secondes d’avance, nous savions que c’était bon, mais qu’au total nous gagnerions, je n’avais pas espéré ça. Pour le 4x il n’y avait que 5 équipes inscrites, et donc une seule série. Nous avons essayé d’accrocher les autres aussi longtemps que possible. Quand nous avons remarqué que nous étions plutôt rapides, nous avons commencé à espérer une médaille, mais c’était une quand même une surprise.

Floor : Cologne fut une compétition incomparable. Je trouvais ça bien. Nous ne connaissions aucune autre équipe et en 4x nous ne savions pas non plus quelle prestation nous réussirions, puisque nous n’avions jamais ramé ensemble auparavant. La seule chose que nous devions faire était d’essayer de ramer aussi vite que possible et de ne pas nous faire rattraper par les autres équipes. J’étais surtout très contente d’avoir ramé en un bon temps en double.

AB : Vous étudiez encore en secondaire. Beaucoup de rameurs arrêtent l’aviron aussitôt qu’ils rentrent à l’université ou dans une haute école. Qu’attendez-vous de vous-mêmes ?

Charlotte : Je continuerais volontiers l’aviron, mais si je ne peux pas concilier l’aviron et mes études, alors celles-ci passeront en premier.

Floor : Comme je l’ai dit, l’école est pour moi beaucoup plus importante que l’aviron. Je suis sûre que j’essaierai de combiner les deux, mais dès que je remarquerai que mes points en souffriront, j’arrêterai l’aviron.

AB : Pensez-vous que l’aviron (féminin) reçoit toute l’attention qu’il mériterait ?

Charlotte : L’aviron ne reçoit en général pas beaucoup d’attention, mais je peux vivre avec. Je pense surtout que par cet état de choses l’aviron est encore un sport “clean”. Pour moi l’aviron ne doit pas être continuellement au centre des intérêts, en Belgique il y a d’autres sports plus populaires.

Floor : En général, l’aviron ne reçoit pas tant d’attention que ça en Belgique. En fait, je ne trouve pas ça trop grave, je suis déjà contente de pouvoir disputer mes courses. Qu’il y ait une caméra on pas derrière soi, çà ne me fait vraiment rien.

AB : Merci pour cette conversation et beaucoup de succès à la Coupe de la Jeunesse !

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