Interview avec Bart Poelvoorde
Bart Poelvoorde est un peu la révélation de l’année. Il figure depuis quelque temps déjà dans l’équipe nationale, mais est seulement rentré véritablement en action cette année, pendant les manches de Coupe du Monde. En Autriche, le cuisinier gantois avait décroché une 24ème place, tandis qu’à Amsterdam il se plaçait dans le top 20. Lucerne, qui accueillait la dernière manche de la Coupe du Monde, fut le théâtre sa meilleure position avec une 14ème place. Mais la cerise sur le gâteau fut, de manière assez inattendue, sa belle place en finale en skiff aux Championnats d’Europe à Poznan. Bart est-il prêt pour l’année Olympique qui s’annonce ? Nous lui avons posé quelques questions pour l’occasion.
AvironBelgique : Comment as-tu atterri dans le milieu de l’aviron et depuis quand rames-tu ?
Bart Poelvoorde : Par une belle journée d’été, je voulais aller à la plage avec des amis. Il se faisait qu’ils voulaient tous aller ramer. J’ai alors tenté l’aviron, après quelques tentatives en football, en gymnastique et aux scouts. J’avais alors 12 ans et ça m’a directement plu. Nous étions un gros groupe et ça en était encore plus agréable.
Es-tu un skiffeur né, ou rames-tu en skiff par nécessité ?
C’est une chose à laquelle je ne peux pas répondre moi-même, tout le monde sait que je ne me sens pas à l’aise en skiff. J’ai fait ça par nécessité, et après un petit temps j’ai commencé à me sentir bien. Je dirais donc, Tim, prépare-toi au pire l’année prochaine !
Tu as fais cette année tes débuts en Coupe du Monde en Autriche, avec à la clé une 24ème place. Depuis ça s’est amélioré avec comme point culminant ta finale aux Championnats d’Europe à Poznan. T’attendais-tu à ça et penses-tu que tu peux progresser en 2008 ?
De toutes, c’est cette année qui fut la plus remplie de succès et aussi la plus agréable de ma courte carrière dans l’aviron. Cette place en finale à Poznan fut évidemment une belle conclusion, mais je pense qu’à ce moment là je n’étais pas aussi bon que le mois d’avant. Le doute commença à s’installer alors que le jour de la finale, il faut être au sommet de sa forme physique et mentale. C’était mon problème ce jour-là. Mentalement, je n’étais pas prêt pour une lutte impitoyable. Dommage, mais c’est le prix à payer si on veut se lancer dans l’aviron de haut niveau.
L’année prochaine, je vois ça comme l’année de vérité. Je dois maintenant réellement montrer ce que je vaut et je pense que je peux beaucoup gagner sur le plan de la puissance surtout. Quand on voit ce que les autres réalisent dans la salle de musculation et ce que je fais, il y a encore beaucoup de travail. C’est donc un point sur lequel je peux m’améliorer. Pour le reste, je dois continuer de travailler sur mes faiblesses techniques et être prêt mentalement pour tout ce qui arrivera. Je suis certain qu’il y a encore matière à progression.
Tu dois préparer tout en tant qu’amateur à 100%. Quelles difficultés ?
Ce n’est en fait pas si difficile. J’ai une année de chômage derrière moi, ça a été donc moins difficile que ce à quoi je m’attendais. Maintenant je vais de nouveau travailler quelques mois et j’espère que je trouverai alors de nouveau un emploi à temps partiel. La seule chose à laquelle je dois faire attention sont mes dépenses. Mes allocations de chômage ne sont pas vraiment élevées, donc, je ne peux pas mener le grand train. Mais soyez rassuré, je mange très bien et je vis aussi bien que possible. Ce serait bien sûr plus facile avec un contrat, mais je ne dois pas me tracasser pour avoir des dispenses ainsi que sur les méandres administratifs, je peux m’estimer heureux de pouvoir bénéficier d’un tel système social. En travaillant un peu de temps en temps, j’essaie donc de remplir mon rôle dans notre société.
Après les résultats de cette année, le BLOSO ne peut-il pas te porter plus d’attention ?
C’est une bonne question. Si seulement le BLOSO pouvait voir les Championnats d’Europe comme un tournoi d’excellence ! Jusque maintenant je n’ai encore eu aucun contact avec le BLOSO. Un soutien financier serait naturellement le bienvenu, mais pour être honnête, je n’en perds pas le sommeil. Au jour d’aujourd’hui, je ne dois justifier à personne ce que je fais, c’est toujours un choix d’une libre volonté. Je peux facilement arrêter, mais ce n’est pas une option. D’abord : harceler un peu nos valeurs sures de l’aviron. C’est la meilleure chose à faire.
Est-ce que les Jeux Olympiques sont jouables ? En double ou en quatre de couple ?
Je fais tout pour. En double ou en quatre, l’année prochaine le dira. Je pense que je suis assez proche d’une place en double. Je pense vraiment que nous avons encore beaucoup de qualité dans le milieu de l’aviron belge pour former un quatre de couple de haut rang. La seule chose dont nous avons besoin pour ça, c’est quatre gars avec un objectif fixé dans la même direction, et que chacun y travaille très dur. Je pense vraiment que c’est possible quand on voit que le quatre de couple de l’Ukraine a ramé une finale, avec un rameur du même niveau que moi aux Championnats d’Europe. Le quatre des USA a aussi réussi à son niveau et il se trouve que c’était aussi un quatre à battre. Je pense que nous avons encore de grosses chances de réussite.
N’est-il pas dommage que des sports comme l’aviron ne reçoivent que peu d’attention dans les médias ? Par exemple, ta place en finale n’a pas été une seule fois citée dans les médias belges.
Je pense que c’est normal. L’aviron n’est pas le sport le plus médiatique qui soit, et avec les résultats de notre équipe nationale, on ne doit pas s’attendre à recevoir beaucoup d’attention. Ma place en finale est bien apparue dans la plupart des journaux, même dans De Standaard, qui n’est cependant pas le journal le plus tourné vers le sport. C’est une frustration avec laquelle beaucoup petits sports doivent faire face. Mais j’ai une réponse à cela : Où il y a de l’argent, les médias sont là.
Quelles sont tes ambitions pour le futur ?
Ma seule ambition d’en mettre plein la vue à Tim (Maeyens) par une belle journée, avec un faible vent dans le dos. Ce n’est plus jamais arrivé depuis nos 16 ans, si nous pouvions revenir à ces moments-là… Je dois ajouter que je ne suis pas rancunier, mais j’ai le sentiment que ça doit encore pouvoir arriver, quand bien même ce serait chez les Masters. Cette année, je me suis déjà rapproché de 14 secondes de lui, pourquoi ne pourrais-je pas grappiller 5 secondes l’année prochaine ? Ha ha ha. Plus sérieusement, je veux me rendre aux Jeux Olympiques et y briller. Je voudrais bien pouvoir y participer pour une médaille. Quelque chose dont nous pourrions rêver en Belgique, si toutefois c’était l’ambition de chacun. Et pas seulement atteindre les JO.
Bart, Merci !
