Interview avec Arne et Bram Dubois

Alors que la Belgique n’est pas pleine de rameurs, et que par conséquent l’équipe nationale n’y est pas si grande, on retrouve pourtant deux frères dans cette sélection nationale. Tous deux rament pour le KRNS Oostende et sont domiciliés à Bredene. Comment se sont-ils retrouvés dans le monde de l’aviron, quelles sont leurs ambitions et à quel point leur est-il difficile de combiner le sport de haut niveau avec les études ? Nous avons demandé ça aux deux concernés, voici donc une double interview avec Arne et Bram Dubois :

AvironBelgique : Comment avez-vous commencé l’aviron ?

Arne : Quand j’étais en quatrième primaire, gran-père nous a une fois emmené au club. Là, nous avons fait pour la première fois connaissance avec un bateau d’aviron. Bien sûr, on savait déjà ce qu’était l’aviron via notre père. Quand nous avions 8 et 9 ans, on regardait des heures durant les bateaux qui passaient, à attendre que nous puissions finalement nous aussi aller sur l’eau.

Grand-père était à ce moment là encore plus actif au club, et tout le monde dans notre famille était quelque peu impliqué au KRNSO, c’était donc tout à fait logique de commencer directement dans ce club.

AB : En tenant compte de la différence d’age, qui des deux est le meilleur rameur et qui à la plus grande persévérance ?

Bram : Je pense que notre persévérance sera toujours plus au moins semblable, je pèse un petit 15 kg de plus que Arne, c’est donc un peu logique que j’avance plus vite, aussi bien sur l’ergo que sur l’eau. je crois que nous nous valons techniquement, mais nous avons aussi tous les deux encore des fautes. Je pense que notre style diffère beaucoup, mais c’est parce que nous sommes bâtis différemment. Je suis un poids lourd de 1m88 et 85kg tandis que Arne est un poids léger de 1m80 et de 72kg.

AB : Quelles sont vos ambitions pour 2007 ?

Bram : Pour moi, les Championnats du Monde Juniors à Pékin sont l’objectif absolu. En outre, je dois aussi essayer de décrocher le titre de Champion de Belgique en skiff junior. On s’occupera de la fin de saison plus tard, on commence d’abord avec les régates d’avant saison et on voit comment çà se déroule.

Arne : Pour moi aussi, les Championnats du Monde sont un objectif, ceux des moins de 23 ans se déroulent cette année en Ecosse et là-bas, je voudrais faire partie du quatre de couple poids léger. Pour les Championnats de Belgique, le skiff poids léger ne sera sûrement pas facile, car avec Ruben (De Gendt) et Olivier (Ek), on s’approche de deux bons poids léger, on verra bien comment ça se passera. En 2xLM, on essaiera de décrocher une place en finale, et pour la fin de saison, l’objectif est de former une bonne équipe sur l’eau, mais on ne sait pas encore précisément quoi ou comment.

AB : Si vous aviez la chance de devenir rameur professionnel, le feriez-vous ?

Bram : Oui, je voudrais bien tenter.

Arne : Je ne sais pas, je ne me suis encore vraiment jamais arrêté sur cette question, peut-être bien.

AB : Arne, en avril 2006, tu as reçu le trophée du service sportif de la commune de Bredene, à quoi dois-tu ceci ? C’est aussi une marque de reconnaissance, que ressent-on après avoir pu recevoir ce trophée ?

Arne : La remise de ce trophée était totalement inattendue parce que je n’avais pas vraiment accompli de prestations au haut niveau en 2005. J’avais bien été aux Championnats du Monde -23 ans en tant que réserve, mais je pense que je dois ce trophée surtout aux années précédentes. C’est bien un signe de reconnaissance et c’est toujours terrible de recevoir une fois un tel prix. Mais on ne doit pas vraiment accorder beaucoup de valeur à de tels trophées, sachant que le 4xLM médaillé d’argent (aux Championnats du Monde) est passé à côté du titre d’équipe de l’année après ses prestations à Gifu.

AB : Vous êtes tous les deux sélectionnés en équipe nationale. A quel point est-il difficile de combiner le sport de haut niveau avec les études ? Profitez-vous de certains statuts ?

Arne : Ca fonctionne bien de combiner tout ça, Bram est maintenant en cinquième secondaire et n’a aucun problème. Je suis maintenant dans ma deuxième année de psychologie appliquée et ça fonctionne sans aide ou statut spécial. Pour l’instant, l’école reste pour moi plus importante que l’aviron, parce qu’il n’y a encore aucun moyen pour moi de gagner de l’argent avec l’aviron, tandis qu’avec un job comme psychologue dans une école bien.

AB : Arne, En 2006, tu fus 8ème en 2xLM aux Championnats du Monde -23 ans. Trouvais-tu que tu pouvais faire mieux ou étais-tu très content ?

Arne : Je trouvais que c’était, il est vrai, une bonne prestation, mais lorsqu’on sait que nous avons fini à même pas deux secondes des Australiens aux éliminatoires, c’est assez domage, sachant qu’ils sont montés sur le podium avec la médaille de bronze autour de leur cou le dimanche après-midi. Pendant la Finale B, ce fut aussi extraordinairement captivant, la course contre les Autrichiens fut décidée à la photo finish. A travers ça, je me rend compte qu’on pouvait peut-être bien faire mieux et c’est donc quand même bien une déception. Maintenant je suis déjà très content, et j’espère que l’année prochaine sera encore meilleure.

AB : Bram, tu fus aussi 8ème aux Championnats du Monde Juniors, en 4-JM. Content ou pouvais-tu faire mieux ?

Bram : Moi aussi je suis content, mais j’espérais faire mieux, mais maintenant, oui, une deuxième place en Finale B est déjà après tout un bon résultat. Nous avons réalisé le 4ème meilleur temps de la série, on espérait donc secrètement la finale, et peut-être plus encore. Dans notre demi-finale, ça ne s’est cependant pas déroulé si facilement, et il s’ensuivit une Finale B. Là, nous avons lutté dans les même temps que les Néerlandais pour la victoire, mais le résultat fut avec assez de regrets la 2ème place, une huitième place au total.

AB : Vous êtes entraînés par votre père, Frans. Acceptez-vous les choses plus facilement de votre père ou justement pas ?

Pfff, cet entraîneur, mon dieu, c’est d’une part bien plus facile parce qu’on vit ensemble à longueur de journée et qu’on peut parler plus facilement contre lui sur un problème éventuel, d’autre part c’est aussi un gros désavantage, justement parce qu’il est toujours là, et l’aviron est donc au fond toujours l’un des sujets de conversation.

Mais au fond, ça se révèle être bon, de temps en temps nous avons bien un désaccord, mais en 10 minutes on résout ça sans problème.

AB : Bram et Arne, merci !

Votre note : Aucun